Une dédicace cachée dans la musique de Ravel - Revenir à l'index ...


Le coeur de l'horloge

L'intégrale de la correspondance de Ravel, Manuel Cornejo.

Ses doutes...


Je viens d'acheter l'intégrale de la correspondance ravélienne, éditée par Manuel Cornejo. J'avais déjà celle de Marnat et celle plus ancienne d'Orenstein. Mais bon, quand on aime... Elle est effectivement bien plus complète et la seule que l'on puisse recommander à présent.
      Dans une note de bas de page (c'est peu, mais il faut un début à tout), il cite mon travail au sujet de la ressemblance entre le monogramme de Ravel MR (attesté dès septembre 1903) et le sigle ME  arboré par le pavillon du bateau de Misia l'Aimée (= Misia Edwards) sur lequel Ravel est invité lors d'une croisière en 1905 après son dernier échec au prix de Rome. M. Cornejo juge mon hypothèse de transcriptions "tentante" et étayée d'abondants exemples musicaux, mais sans expliquer ni la tentation, ni le bien-fondé analytique, ni même la ressemblance des monogrammes, il ne se déclare pas du tout convaincu et conclut : "Une liaison de Ravel avec Misia ne tient pas debout à la lueur des documents existants".  
  Il ne se trompe pas totalement. Les documents qu'il a publiés, il est vrai, ne suffisent pas. Ceux qui savent lire la musique, la comprendre et qui élargiront leurs recherches aux reflets littéraires verront un peu plus loin que lui.

   Et comme j'aime corriger les autres, voici un complément aux notes de bas de page de cette édition (magnifique au demeurant).
     Manuel Cornejo avoue par un point d'interrogation, tout comme Jean Roy avant lui, ne pas identifier avec certitude le "nouvel époux" à qui Ravel dit vouloir décerner le titre de  chef suprême de Sainte Apachie, dans une lettre à Delage d'août 1905  :
    "Nous aurons tous beau faire, c'est P. y. de C., Cte de C.-M. qui détient le record de l'Apachie!" (lettre à Maurice Delage du 15 août 1905)
   Il s'agit de Partington y de Carcer, qui vient d'épouser la comtesse de Casa Miranda.
   Partington est un des membres du groupe des Apaches, ami de Viñes, et secrétaire d'une grande banque espagnole, connu depuis longtemps car Delage le citait en 1939 dans Ravel par quelques-uns de ses familiers.
       Il manque aussi aux notes de bas de page associées à cette lettre l'explication du "mystère de la grande cantatrice" :  la comtesse Rosa de Casa Miranda était la belle-fille de la célèbre chanteuse Christine Nilsson, elle aussi comtesse de Casa Miranda. Les deux comtesses habitaient à Paris, rue Clément Marot. 
       Voilà un des mystères que Manuel Cornejo, l'influent président des Amis de Ravel, ne semble pas avoir pas percé...

 


dernière modification : nov 2019
David Lamaze
Le Cygne de Ravel ~ Le Coeur de l'horloge