Je reçois pour mes étrennes trouver Hortense de Pierre Le Pillouer (Virgile, 2008). Le propos est assez proche du mien car il propose une lecture complètement neuve d'une oeuvre-phare de notre patrimoine artistique.
Selon lui, les Illuminations de Rimbaud ont de nombreux passages à "double-fonds"... Ainsi la "cathédrale qui descend" et le "lac qui monte" ne prendraient tout leur sens que par leur étymologie : Cathédrale = fondement / Lac = lait
Ainsi Bottom ne serait pas l'âne qu'on pensait ?!!
Sans avoir la prétention de juger un travail de quatorze années, je veux juste dire que ce journal de lecture à la lettre des Illuminations est passionant. Ou tout du moins m'a passionné. En effet, l'auteur arrive à nous faire partager ses arguments autant que ses émois de chercheur. Pour ceux qui ont suivi ou qui suivront Agathe sur les traces de Ravel, je cite ce passage (p.41)
"[...]lorsqu'on s'abandonne à la jouissance de l'enfouissement, on se sent possédé par une fureur démiurgique : esquisse de fausses portes, doubles entrées, pièges à taupes et à tropes, on n'a cesse de se précipiter en apprenti-Champollion entre les murs d'un labyrinthe où les fouilles (mais le creusement n'est qu'un des gestes aperçus) sont promises à des vérités brûlantes et à d'autres... déjà carbonisées. Me voilà possédé par une certitude : [...] ma lecture de l'oeuvre ne fait que commencer... Comment ai-je pu m'emparer des premières clefs de ce programmateur diabolique ? Pourquoi suis-je moi, si peu armé formé, allé chercher la braise dissimulée sous de telles merveilles ?"
Toutefois les nombreuses errances, les doutes, les moments de déprime dont Pierre Le Pillouer nous fait part, ne trouve pas d'écho en moi. En effet, il a obéi à Rimbaud qui clôt H par "Trouvez Hortense" ou Parade par "J'ai seul la clef de cette parade sauvage" et a cherché... longtemps, et en changeant de piste parfois.
De mon côté, je n'ai jamais rien cherché sur Ravel avant de remarquer une similitude musicale entre quelques. Et quelques minutes après cette impression, le survol de la biographie et des partitions que je possédais avait suffit à établir l'hypothèse qui n'a fait que se confirmer par la suite.
Ce qui ne veut pas dire que Pierre Le Pillouer se trompe...