| La main dans le sac... | |||
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Misia
Sert et Coco Chanel
Dominique
Laty (Odile Jacob, 2009)
Joli livre, très agréable à lire. J'aime bien le temps passé à peindre l'époque. La touche est légère, presque impressionniste.. Mais c'est mal de voler... (cf infra.) ___________________________
Principale critique : cela reste trop respecteux de ce que Misia avait
dit
d'elle-même...
Pour la jeunesse de Misia, on reste donc encore devant l'éventail (un très bel éventail, mais qui nous a déjà été présenté par Misia, et par Gold et Fizdale). |
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L'auteur * se dit spécialiste
de l'histoire du
corps, et nous le prouve
dans celui du texte. C'est une approche qui n'est pas sans
intérêt et à laquelle Misia
et Chanel ne
verraient rien à redire.
Flirt, palaces, Venise... Bien que l'exactitude ne soit que très relative (aux demi-vérités de Misia), je trouve que la psychologie du personnage est bien sentie. Bien meilleur que ce qu'Echenoz avait fait de Ravel... La petite histoire de séduction entre Dominique Laty et un certain Allessandro, pour anecdotique qu'elle soit, donne la tonalité de l'ensemble. Tout cela pétille et se boit sans soif. _____________________________
Quelques
petites rectifications (les grosses viendront en bloc dans la belle bio
que je vous mitonne aux p'tits oignons) : p.117 : "La
mort subite d'Edwards laisse Misia abattue. Seul, un
révulsif
violent peut lui redonner le goût de vivre. Sans le savoir,
elle
le connaît déjà. On le surnomme le
"Tiepolo du
Ritz".
Edwards meurt en 1914. Misia est la maîtresse de Sert,
dès 1908.Est-ce une simple approximation, utile au découpage de l'action, une méconnaissance des dates, ou une glissade délicate sur 8 années d'adultère ?... Mystère. pp. 91 à 117 Alfred Edwars Tout ceci c'est la version Misia... Croyez-le si vous voulez, mais ce serait mieux, tant qu'à lire un roman, de le lire dans la version originale (il vous faudra enrichir le service repro de la BN d'une cinquantaine d'euros). Surtout que ce passage des mémoires de Misia qui est si cousu de fil blanc, c'est une des deux portes d'entrées à une couche un peu moins superficielle du personnage. Dis-moi comment tu mens... pp. 42 à 57 : Dominique Laty l'avoue, pour la jeunesse de Misia, elle nous raconte les mémoires de Misia ... "probablement embellies, j'y ai décelé un certain intérêt et me mets à raconter" Du coup, tout le passage est une relecture des propos de Misia, relecture qui s'ajoute et s'inspire de celle faite par Gold et Fizdale. C'est mal de voler... Ce que je préfère, c'est à la page 57, le moment où Dominique Platy nous représente Ravel rencontrant Misia au concert où elle joua du Rollinat en février 1892. |
*moi qui suit pourtant conservateur à bien des égards, j'aime bien le féminin "auteure"... mais je ne vais pas contredire la 4ème de couverture. | ||
| La seule source (à ma connaissance) qui affirme cela,
c'est .... Le Cygne de
Ravel !!! Je suis au regret de devoir
dire à Dominique Laty que Le Cygne de Ravel est
bel et bien un roman,
(comme les mémoires de Misia, d'ailleurs). Si j'ai des raisons de proposer une rencontre à cette époque et non en 1904 - raisons dont certaines sont exposées dans Le Coeur de l'horloge, d'autres le seront dans ma thèse de doctorat et la biographie qui s'ensuivra - je ne pense pas que, réellement, il y ait beaucoup de chances pour que Ravel ait rencontré Misia, ce jour-là. Bien d'autres situations pourraient être imaginées... Qu'une biographe me pique ce passage pour l'établir "vérité" et, en plus, en rajoute... avouez que c'est cocasse !! Les lecteurs du Cygne de Ravel seront ravi d'apprendre que Ravel, après le concert a été dire son admiration à Misia, qu'il a posé sur elle un regard affectueux. Voilà qui me conforte encore plus dans mon idée : il faut séparer le roman du travail de biographe. Si je me suis senti autorisé à inventer cette rencontre dans le cadre du Cygne de Ravel, j'ai pris soin d'en donner les raisons dans mon mémoire Le Coeur de l'horloge. Le romancier doit écrire "roman" sur son oeuvre, sinon c'est de la publicité mensongère. Et le biographe doit, autant que possible, vérifier ses sources... sinon, il (elle) court le risque de se faire prendre... ...la main dans le sac ! |
Rappelons que tous les biographes (sauf moi) situe à l'année 1904 la rencontre réelle de Misia et de Ravel. Ma recherche m'ayant apporté bien des indices d'une rencontre antérieure, j'avais choisi de l'affirmer dans mon roman Le Cygne de Ravel, en imaginant que Ravel ait assisté au concert de février 1892 lors duquel Misia avait joué du Rolliant (cf Revue blanche) |